Les questions s’emmêlent dans ma tête. Depuis toujours. Je pose mille questions à mon entourage, aux amis, à la famille, aux connaissances, aux rencontres. J’ai vite réalisé que je dérange, que mes questions incessantes mettent mal à l’aise, car elles renvoient mes interlocuteurs à leur propre ignorance.

A mon tour, je comprends leur malaise. Je me perçois différente, puisque personne ne semble apprécier mes interrogations. Mais qui pourrait bien avoir envie de répondre à mes demandes ? Pourquoi suis-je si curieuse ? Pourquoi cela semble-t-il si peu commun dans mon entourage ? Que font les autres de leurs pensées, s’ils ne se questionnent pas ? Et pourquoi est-ce que je me pose autant de questions ?

Longtemps, je me suis donc tue. Mes questions dérangent ? Je suis une femme, de surcroît. Donc je me tais, je ne veux pas vous mettre mal à l’aise. Je garde mes questions pour moi. Et je trouverai bien les réponses plus tard. Eh bien non en fait, je n’ai jamais trouvé les réponses à certaines de mes questions, car je les ai oubliées. Quel dommage, j’aurais dû les noter dans un carnet. Elles m’auraient moins pris la tête, littéralement. Et j’aurais pu les rassembler en un livre ? Ou j’aurais pu les retrouver avec plaisir, quelques années plus tard.

Et aujourd’hui, après avoir été mise à terre, j’ai été forcée d’écouter mon intuition, sans retenue. Mon instinct était la seule chose qui fonctionnait encore bien, alors que j’étais effondrée, ensevelie sous les larmes et la détresse. Au plus profond de mon désespoir, j’ai cherché de l’aide auprès de gens comme moi. Une force me poussait vers ce groupe. Mon âme a soif de relations enrichissantes, avec des gens qui écoutent et répondent à mes questions. Des amis qui sont comme moi, qui veulent en savoir plus, sur tous les sujets, qui partagent leurs découvertes mentales sur la compréhension du monde, qui le font sans retenue et avec la joie d’aider. De là est né surdouessence.ch. Quel bonheur.

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