ABCDaire

ABCDaire des différentes appellations utilisées

Source : Alban Bourdy

  • APIE : acronyme de Atypique Personne Intellectuellement et Emotionnellement, cette appellation récente est appréciée pour sa consonance avec « happy », et aussi pour sa qualification globale de l’atypisme en mêlant les caractéristiques intellectuelles et émotionnelles.

  • Asperger : Aspi pour les intimes. Terme à l’origine glauque (venant du Dr. Asperger qui travaillait pour le régime nazi), il désigne l’autisme dit léger, sans retard mental. Une mode venant des U.S.A. fait prendre un sens plus large au terme, un sens qui se rapproche de l’ultrasensibilité. La porosité que cela sous-tend cause de nombreuses polémiques. Certains accusent ce terme, et la popularité qu’il connaît, de galvauder le spectre autistique, de le banaliser à outrance, tandis que de l’autre côté certains vilipendent la pathologisation induite du haut potentiel et de l’ultrasensibilité. Certains soulèvent l’absurdité d’un rapprochement, favorisé par ce terme, parfois opéré entre haut potentiel et autisme (si un certain nombre de facteurs relient les deux, d’autres au contraire les opposent diamétralement). Toutes ces polémiques ont fait récemment retirer le terme de toute publication officielle dans la plupart des pays. Malgré cela, ce mot reste en vogue et ne désigne pas la même chose selon les pays et les approches. Certains voient dans cette appellation un fonctionnement typiquement féminin (on parle d’Aspergirls).

  • Doué : Par pudeur face au terme de surdoués qui mettait souvent mal à l’aise les HP, Arielle Adda, figure pionnière et historique de la thématique, a commencé à laisser tomber le « sur » pour parler d’enfants et d’adultes doués, et donc de douance (des termes très utilisés au Canada, et qui se rapprochent de l’appellation anglophone « gifted people »). Arielle parle maintenant d’êtres « sensibles et doués ».

  • Dyssynchronique : Terme utilisé par Jean-Charles Terrassier. La dyssynchronie dont il est question est celle entre l’intellect, se développant beaucoup plus vite chez les HP que chez les autres sujets, et les aspects affectifs et psychomoteurs qui restent dans la norme. Cette approche terminologique met l’accent sur le décalage entre la façon dont les HP voient et vivent les choses par rapport à ce que leur entourage croit et attend d’eux. On n’utilise plus trop le terme de dyssynchronique pour parler des surdoués, en revanche on souligne le plus souvent la dyssynchronie comme une caractéristique majeure du haut potentiel.

  • E.T. (Émotif Talentueux) : Terme créé par Nathalie Alsteen. Il est censé désigner les HPI, puisqu’il a été créé dans le cadre des congrès virtuels sur la douance organisés par Nathalie, mais dans son emploi il semble s’appliquer à tous les hypersensibles, voire à tous les neuroatypiques. Ce terme est aimé de beaucoup car il est doux et valorisant, parle de talent et non de don, et qu’il est centré sur le paramètre semblant fondamental chez les neuroatypiques, le paramètre émotionnel. Sa popularité vient aussi bien sûr du fait qu’il y a un parallèle clin-d’œil avec E.T. pour extra-terrestre, et ce sentiment d’être un extra-terrestre a été vécu par la grande majorité des neuroatypiques.

  • Haut Potentiel (Haut-Potentiel, HP) : Certains parlent de HP en ne pensant qu’au Haut Potentiel Intellectuel, d’autres sous-tendent le Haut Potentiel Émotionnel et le Haut Potentiel Sensible comme s’ils allaient toujours de pair, d’autres font la distinction mais les rallient tout de même parfois sous le même étendard. L’utilisation officielle de ce terme de haut-potentiel, dans l’éducation et la psychologie, s’appuie obligatoirement sur un test de Q.I. (qu’on en déduise un haut-potentiel émotionnel ou non selon son point de vue). Entre HPI, HPS et HPE, la vue d’ensemble que préconise notamment Saverio Tomasella efface l’opposition exacerbée par Raymonde Hazan notamment.

  • HPE : Haut Potentiel Émotionnel. Critiqué par certains scientifiques, car ne faisant encore l’objet d’aucune mesure reconnue, l’appellation HPE correspond à hypersensible. Les travaux du Dr. Elaine Aron aux États-Unis, et ceux de l’Observatoire de l’Ultrasensibilité de Saverio Tomasella en France, font progresser la question pour que l’on arrive à une identification précise non pathologique de ce tempérament, de cette caractéristique.

  • HPI : Haut Potentiel Intellectuel. On spécifie bien là qu’on ne parle que du Q.I.

  • HPS : Haut Potentiel Sensible. On parle là des hypersensibles, mais avec un terme résolument positif (sans aucune pathologisation, explicite ou sous-jacente). La sensibilité est ici un potentiel, elle est valorisée à sa juste valeur. Le HPI concerne environ 3% de la population, le HPS environ 30% (30% parmi lesquels, même s’il n’y a pas de consensus, la majorité des spécialistes placent de facto les 3% de HPI). D’où la corrélation parlante, et en même temps la spécification permise facilement décelable au vu du chiffre de concerné.e.s.

  • HQI : Haut Quotient Intellectuel. Ce terme est celui des puristes qui se refusent à toute interprétation et tiennent à désigner la chose propre (un quotient intellectuel exceptionnellement haut : minimum 130).

  • Hyper : Pour désigner l’ensemble HPI-HPS, on utilise de plus en plus la terminologie « les hypers ». Sans spécificité, ils sont « hyper-tout », comme on dit. Cela a le mérite d’éviter certaines querelles de mots. Ils font tout plus. L’écueil est qu’on est encore et toujours sur cette notion qu’ils seraient et feraient trop…

  • Hyperempathe : Désignation de l’hypersensible ciblée sur le caractère empathique, l’effet éponge, la propension systématique à ressentir comme siens le contexte et les ressentis des êtres autour sans pouvoir s’en détacher.

  • Hyperesthète : Hypersensitif, pourrait-on dire aussi. On désigne ici l’hypersensible sans le paramètre émotionnel et sans aller au-delà des cinq sens physiologiques, en ne parlant que de la perception sensorielle suramplifiée.

  • Hyperphrénique : Terme privilégié dans certaines écoles de psychologie, il désigne le HP sous l’angle uniquement du pense-trop, de l’hyperactivité mentale.

  • Hypersensible (HS) : Certains font le distinguo entre hypersensibilité sensorielle et émotionnelle et ne s’occupent pour cette désignation que l’un des deux paramètres, mais globalement on parle des deux aspects lorsqu’on parle d’hypersensibilité. Certains englobent aussi dans ce terme l’intuition, l’inspiration, voire même la médiumnité. L’hypersensible surréagit à beaucoup de choses par rapport à la majorité, il connaît des émotions très intenses (positives comme négatives), ce qui peut facilement conduire à de faux diagnostics de bipolarité, de cyclothymie, voire de schizophrénie. La question fait débat, mais une majorité de personnes traitant du sujet s’accordent tout de même à ce jour pour affirmer que l’hypersensibilité est une caractéristique du HQI. L’acronyme HS vient de l’anglais, il ne voulait pas dire Hyper Sensible, mais Highly Sensitive. Ce terme de Highly Sensitive (Hautement Sensible) est le terme originel que l’on a traduit en français par hypersensibilité, ce qui manque de justesse car « hautement sensible » est purement factuel et sans notion d’extrême ou de trop comme l’est la notion « hyper ». Il existe un test mis au point par Saverio Tomasella pour reconnaître son ultrasensibilité : faire le test.

  • Multipotentiel : Terme qui a le vent en poupe, surtout en entreprise. On met ici le doigt sur les compétences multiples du HP, sur sa capacité d’analyse globale en dehors des codes, sur son esprit créatif étant capable d’aller efficacement dans toute sorte de directions et ne supportant pas la spécification.

  • Neuroatypique : Opposé à neurotypique. Terme qui des fois est appliqué spécialement aux HP, mais qui normalement regroupe tous les Dys, les TDA/TDAH, les autistes, les hypersensibles et les HP.

  • Neurodivergent : Le mot préféré de ceux qui insistent sur l’aspect divergent et arborescent de la pensée du HP en la comparant à la pensée plus linéaire du non-HP. Ce terme peut aussi désigner l’ensemble des neuroatypiques.

  • Neurodroitier : Terme de celles et ceux qui sont attaché.e.s à la vision bipolaire du cerveau. L’esprit de ce terme se rapproche du terme philo-cognitif. On oppose là le normopensant qui analyse les choses surtout avec son cerveau gauche au HP qui analyse de façon globale et dont la capacité d’apprentissage se situe surtout dans la démarche intuitive. On met là aussi l’accent sur la créativité et l’hypersensibilité du HP.

  • Orchidée : hypersensible, hyperempathique, hyper attentif à tout.

  • Pense-trop : Récente terminologie venant de l’île de la Réunion, les pense-trop désignent les HP selon les critères de Christel Petitcollin, autrice du best-seller Je pense trop (voir rubrique « surefficient »).

  • Philo-cognitif : Terme créé par le Dr. Fanny Nusbaum et popularisé par son ouvrage commun avec Dominique Sappey-Marinier et le Dr. Olivier Revol (Les Philo-Cognitifs, éditions JC Lattès). La notion d’amour (philo) plaît beaucoup aux hypersensibles et aux visions artistiques, tandis qu’elle hérisse dans certains milieux scientifiques. Cette appellation a le mérite de ne pas se référer à du quantitatif, ni induire du supérieur ou du pathologique, mais de juste dessiner une différence, une alternative basée sur l’affectif indissociable de l’intellect.

  • Précoce (Intellectuellement précoce) : L’acronyme EIP est parfois utilisé (Enfant Intellectuellement Précoce), c’est un terme qui sous-tend que les HP ne seraient qu’en avance et que ce décalage serait rattrapé d’ici le passage à l’âge adulte, ce qui est complètement faux et conduit à une mauvaise appréhension de la question. Cette appellation a été hélas promue dans les documents officiels de l’Éducation Nationale française notamment dans les années 2000, heureusement cette terminologie a été finalement complètement abandonnée en 2018.

  • Rainforest Mind : Esprit de forêt tropicale. Terme métaphorique désignant les surdoués, conçu dans les années 1990 par la psychologue Américaine Paula Prober. Ce terme qualifie à la fois la préciosité et la complexité du fonctionnement du surdoué, semblable en cela à celui de la forêt équatoriale. La force de ce terme est dans la comparaison, dans le cas de la forêt équatoriale aux autres écosystèmes, et dans le cas du surdoué aux autres fonctionnements humains. Ce terme a le noble mérite de s’inscrire clairement dans la conscience de la biodiversité et la neurodiversité.

  • Supersensible : Terme conçu par Carol Pirotte et qui désigne la même chose qu’ultrasensible.

  • Surdoué (SD) : Terme le plus célèbre pour le profane. C’était le seul que l’on utilisait dans les années 70/80/90. Très critiqué, ou pour le « sur » qui induit le fameux trop (trop intelligent, trop sensible, pense trop…), ou pour le fait que cela signifierait génie ou super doué, on essaye de remplacer le terme en trouvant difficilement un consensus. C’est le terme encore générique dans les médias et pour le grand public. Carlos Tinoco dit que ce terme est très mauvais, mais que c’est tout de même le moins mauvais d’entre tous.

  • Surefficient (ou surefficient mental) : Terme fort popularisé par Christel Petitcollin, laquelle l’applique aux hypersensibles en général puisqu’elle se réfère à un ratio d’environ 25% de la population (quand la proportion de HPI se situe entre 2 et 5%).

  • Surnormal : Premier mot qui a qualifié au début du vingtième siècle, lors des premières mesures d’intelligence (Samuel Kohs, Alfred Binet…), ceux qui étaient tout en haut de l’échelle.

  • TDAHP : Personne étant à la fois HPI et porteuse d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. On parle ici des fameux « twice exceptional » sur lesquels le Dr. Olivier Revol a mené beaucoup de travaux. Il y a quelques années, avant ces travaux, la possibilité de ce cumul était niée par beaucoup. Aujourd’hui, au contraire, de nombreuses personnes pensent, ou supposent, assez fréquente l’association de ces deux caractéristiques.

  • THPI : Très Haut Potentiel Intellectuel. On parle là de ceux qui ont au minimum 150 de Q.I. Les particularités seraient alors exacerbées, et certaines seraient même spécifiques à cette catégorie.

  • THQI : Très Haut Quotient Intellectuel. Idem que la rubrique précédente, mais avec la référence purement au Q.I. et non à la notion de potentiel qui peut être polémique.

  • TTHPI : Très Très Haut Potentiel Intellectuel. Idem que la rubrique suivante, mais avec la notion de potentiel et non uniquement de factuellement la seule mention du Quotient Intellectuel.

  • TTHQI : Très Très Haut Quotient Intellectuel. On parle là de ceux qui ont au minimum 160 de Q.I. (ce qui est normalement le maximum selon l’échelle de Wechsler), ce qui est considéré comme de l’intelligence « extrême », une très rare exceptionnalité.

  • Ultrasensible : Terme conçu par le Dr. Saverio Tomasella et Marie-France de Palacio, l’ultrasensible est un hypersensible qui en plus fait preuve d’hyperempathie. Selon une étude linguistique menée par Marie-France, le terme « ultra » serait appréhendé de façon plus douce et positive que le terme « hyper ». Il existe un test mis au point par Saverio Tomasella pour reconnaître son ultrasensibilité : faire le test.

  • Zèbre : S’inspirant de l’expression « drôle de zèbre », et de la vision d’Alexandre Jardin s’articulant autour du côté indomptable de l’animal et de sa singularité (les rayures le différenciant des autres équidés, des rayures qui ne sont jamais similaires d’un zèbre à un autre), Jeanne Siaud-Facchin applique spécialement ce terme aux HP en 2008. Ce terme rencontre depuis lors un vif succès, le terme semblant à beaucoup plus léger et neutre que les autres. Le côté imagé de la chose est globalement apprécié. Le terme, toujours profondément imprégné par l’utilisation d’Alexandre Jardin, a une portée extra-HP qui s’étend à tous les atypiques en général, à tous les hors-cadre, à tous les différents.